Joyeux vingt-vingt

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2020 (prononcez "vingt-vingt"), c'est la nouvelle année. C'est également, si on fait l'addition, l'âge que j'aurai en Octobre. Quarante ans. En vingt-vingt. C'est nickel. D'autant que je préfère vous l'annoncer tout de suite : vingt-vingt va être mon année. Ça va chier.
(Je dirais même : ça va chier-chier.)

Je réalise bien, en disant cela, que si je meurs en mars ou qu'on me diagnostique un cancer en août, certains reliront ce post avec un brin de circonspection. "Il aurait mieux fait de fermer sa gueule" dira-t-on. Et croyez bien que pour quelqu'un comme moi, qui a souffert de TOC très jeune après le décès de son père et qui hérité du fatalisme superstitieux de sa mère, on ne parle pas de la mort en vain. Mais justement : vingt-vingt est l'année où l'on parlera de la mort en vain. Vingt-vingt, parce que c'est un nom ridicule pour une année, est l'année où l'on n'aura plus peur de parler de rien. En vingt-vingt, on pète sur la mort et on lance les projets qui comptent. On cherche la lumière intérieure, celle qui permet d'affronter les brutes, et on s'enfonce en sifflotant dans la forêt où sont les loups.

Répétez après moi : "en vingt-vingt, je n'ai peur de rien".

Évidemment, si vous êtes à un moment de votre vie où tout cet optimisme semble déraisonnable, j'ai aussi des slogans moins ambitieux. Par exemple : "En vingt-vingt, je range mes chaussettes". Ou "en vingt-vingt, je battrai moins mes enfants". Mais je pense quand même que le premier est mieux. Joyeux vingt-vingt.

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